28.05.2009
La section ARCHEOLOGIE.. la suite
La Normandie a connu à l’époque gallo-romaine un remarquable développement. Depuis que cette technique a été mise au point,
l’archéologie aérienne complétée par l’étude des images satellites a permis de mettre en évidence le nombre et l’importance des vestiges : villes, nombreuses villas romaines, temples, théâtres… En 1976, lors de la grande sécheresse, les vues aériennes ont permis de constater la dimension de la ville sanctuaire du Vieil Evreux, nommée actuellement Gisacum, car nous ne connaissons pas son nom antique. Un récent ouvrage de la Mission Archéologique Régionale montre le nombre et l’importance des monuments antiques qui existent dans la région.
Garennes a connu ces développements : en 1870, une sépulture gallo-romaine a été trouvée non loin du centre du bourg. Récemment, dans la vallée, ont été vues les traces d’un « fanum », petit temple rural qui fait sans doute partie de l’ensemble d’une quinzaine de temples déjà trouvés autour du Vieil Evreux. Il est donc logique de supposer qu’entre ce temple et la sépulture existait une agglomération gallo-romaine. Sur le plateau, le territoire de la commune est longé par deux voies romaines et tout récemment ont été observées les traces de deux villas, sans doute des exploitations agricoles. Dans les communes voisines de tels vestiges existent. Les bâtiments ont été utilisés jusqu’au Haut Moyen Age comme en témoignent les sépultures que l’on y a retrouvées (Bueil, Breuilpont, Neuilly, Nantilly…).
Proposition : création d’un groupe de travail « Vestiges gallo-romains » ayant pour mission de
- rechercher les traces de la civilisation gallo-romaine sur le territoire notamment celles du « Garennes gallo-romain » ainsi que du « Garennes du Haut Moyen Age »
- voir s’il est possible d’organiser une mission de prospection aérienne lorsque les conditions de climat et de végétation seront propices : ULM, montgolfière…
- rechercher les objets qui auraient pu être trouvés et qui seraient (heureusement !) conservées dans les familles. Les pièces de monnaie par exemple permettent de dater l’occupation
- préparer une première exposition
ARCHEOLOGIE RURALE ET ARTISANALE
Le chef Viking Rollon est passé par Garennes en 911 en remontant l’Eure pour assiéger Chartres. C’est à cette date, au Traité de Saint Clair sur Epte, que Garennes est devenue normande.
Garennes a peu de vestiges du Moyen Age. Elle ne possède ni château ni abbaye. Mais elle a son église avec sa fresque. Plus tardivement, et particulièrement au XVIIIème et pendant la première moitié du XIXème siècle, la vallée de l’Eure a connu une période de prospérité à laquelle Garennes a été intégrée. L’Eure fut une voie navigable jusqu’au XIXème siècle. Il serait intéressant de rechercher l’emplacement du « port fluvial » de Garennes et de voir s’il en reste des traces. La commune a connu une importante activité artisanale car l’Eure fournissait la matière première et la force motrice. Et Garennes a participé de la constitution de l’un des pôles historiques français pour la fabrication d’instruments de musique.
Mais la vallée de l’Eure a deux versants crayeux percés de vallons et présentant ainsi de multiples expositions : c’est ainsi que s’est développée, très anciennement à l’initiative des abbayes, la culture de la vigne qui a pu occuper plus de 50 hectares sur les communes de Bueil et de Garennes. Sa présence explique qu’au XVIIIème siècle, le bois de Garennes et les bois qui occupent aujourd’hui les versants n’existaient pas. Partout elle a laissé ses traces : terrasses et murets de pierres sur les versants, tas d’épierrements, caves. Il subsiste encore le souvenir d’une époque où les charrettes apportaient le blé de Beauce et repartaient chargées de tonneaux qui descendaient aussi l’Eure sur des barges. Et tout un folklore n’a pas été totalement oublié.
Enfin, parce qu’elle comprend des terroirs très différents, Garennes garde encore de nombreux bâtiments et constructions qui sont les témoins de l’architecture traditionnelle : murs de pisé et de lits de silex et grandes pâtures centrales sur le plateau, comme à Tourneboisset ou Epieds, maisons et murs de pierre du bourg.
Proposition : création d’un groupe de travail « Archéologie rurale et artisanale » ayant pour mission de
- Faire l’inventaire avec cartes, photos récentes et anciennes, documents d’archives.. de la diversité du patrimoine rural et artisanal de Garennes
- Recueillir les témoignages sur la vie de cet héritage notamment en interrogeant les anciens, rassembler, histoires, chansons, éléments de dialectes permettant de conserver cet héritage.
- Analyser la possibilité de faire revivre sur une ou deux parcelles la culture de la vigne en rendant, comme cela se fait ailleurs, chaque enfant des écoles responsable d’un pied de vigne
- Rassembler les éléments d’une exposition.
Conclusion :
La conception d’une première exposition peut constituer le lien entre les trois groupes proposés. Cette première exposition permettra de faire connaître à tous la richesse d’un potentiel archéologique qui fait partie de notre patrimoine commun.
C.Gachelin, Garennes, Mai 2009
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